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L’homme et la pierre

à Gianfranco B.

Par-delà les pierres du monde, il quête des réponses
Devenu sage, l’homme marche face à son destin
La langue des océans lui paraît désormais trop familière
Ses mains ensoleillées veulent porter la vérité millénaire
De cette pierre taillée qui nous rend meilleurs
Beauté brute sublimée dans le partage
Dans les bras de la figure paternelle, elle aime à trouver refuge
De son simple regard, l’homme sait la rassurer
Pour un dialogue charnel de soleil et de vent
Le désespoir, cependant, s’en va grandissant face aux autres, si peu dignes de leur passé
Que faire pour respirer et aimer ?
Ne faut-il pas devenir pierre soi-même ?
La poignée de terre sèche disparaît alors entre ses doigts
Les sourcils de broussaille se haussent, ils connaissent le triste avenir
Alors, debout, la statue se met à pleurer dans le vent chaud de l’île
Le père a compris que la fin du monde approchait
Mais il veut encore porter l’enfant de rires
Prodiguant attentions et douceurs
Pour lui, la réalité ne doit demeurer qu’amour
Et, dans ses cheveux gris, passent et repassent ses doigts
Face à l’olivier sans âge qui lui sourit
Compagnon nourricier aux pépites de vie
Mille branches avec lesquelles il dansera à nouveau
Après avoir enfin rejoint cette pierre tant aimée
Pour reprendre le chemin des plaisirs passés

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