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Mémoires de pierre

Blanche crinière qui sans cesse te défie
La danse des flots est puissante et volontaire
L’horloge de la mer brave la pierre
Son rythme incessant cherche à ébranler
Humble et jaloux, l’homme décide de s’incliner
Roche de sel, le vent est ton compagnon
Dans les mystères de l’éternel tu trouves ta source
Les herbes folles sans cesse balayées
Rient aux éclats dans la grande traversée des lumières
L’arc souvent se bande dans le ciel
Là où le fils a tenu la main de son père
Ceux de l’ancienne histoire regardaient au loin la douce espérance
D’une nature maîtrisée sur terre mais sans chaînes en mer
Les vallons doucement jusqu’à la mer descendent
Parsemés de jardins aux mille mains
Où l’ancestrale bruyère lentement se déplie
Pour disputer l’élégance à l’écorce de gris
Alors les pleurs des femmes de l’océan
Résonneront sans écho dans la lande
Les filets pourront-ils encore longtemps trépigner de joie ?
La brutale vérité alors s’imposera
Et les paumes devront à jamais saigner
Face au soleil dans son couchant d’embruns
La petite et blanche maison respirera à nouveau
Ce souffle venu des profondeurs de la mémoire
Les oiseaux crient car eux seuls savent lire les paroles du futur
Le pas plus pressant, chacun devra se serrer
Contre le grand cheval dont le bruit des sabots remonte le temps
Pour s’arrêter au bord de la falaise
Face au tumulte du Jugement dernier

à Belle-Ile-en-Mer

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