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Suite des « moins » :

-. une forme de tension latente liée à la sécurité qui vous oblige à demeurer relativement aux aguets. Nombreuses sont les histoires qui circulent à propos des dangers des villes sud-africaines. La situation au Cap n’a rien à voir avec celle prévalant à Johannesburg où la sécurité constitue un souci quotidien dans la vie de nombreuses personnes mais quand même, on fait attention dans la rue (et on évite de l’attirer). Ces questions sont évidemment en lien direct avec une pauvreté endémique et persistante dans laquelle vit une partie de la population et à laquelle se rajoute une forte présence de la drogue notamment sous ses formes les plus avilissantes (crack et autres drogues de synthèse). Il est estimé qu’une personne sur trois au Cap est en lien d’une manière ou d’une autre avec la drogue ;

-. des disparités dures entre Blancs et Noirs. Même si sa situation s’est améliorée depuis la fin de l’apartheid il ya plus de 20 ans, la population noire n’est pas sortie de l’auberge comme dirait l’autre. Et il faudra plusieurs générations pour que, dans son ensemble, elle accède à un niveau de vie décent et que les profondes inégalités issues de décennies d’humiliations disparaissent. Pour information, apartheid est un mot afrikaans dérivé du français qui signifie « mettre à part ». En termes de proportion, la population noire en Afrique du Sud représente environ 80% d’une population totale de plus de 50millions d’habitants), les Métis (« coloured ») et les Blancs, chacun 10%. Au Cap, la population blanche est surreprésentée constituant plus de 20% de la population. Elle habite soit dans la ville elle-même soit dans des banlieues plus ou moins aisées. Dans le « plus ou moins », il y a très « plus » avec des quartiers qui font penser à Bel Air ou Beverly Hills à Los Angeles et des très « moins » avec de vrais quartiers pauvres. Les Noirs, quant à eux, habitent très majoritairement dans des townships en périphérie. De manière générale, le pouvoir blanc a favorisé une politique d’expulsion de la ville des populations de couleur, noires et métisses. L’ancien quartier emblématique de District 6 au Cap (aujourd’hui Zonnebloem) en est un exemple significatif : près de 70 000 personnes en ont été chassées dans les années 70. Difficile alors de ne pas penser à ces siècles de domination des Blancs sur le reste de la population. De l’arrivée des premiers colons au milieu du 17è siècle qui pratiquèrent l’esclavage à la politique d’apartheid institutionnalisée en 1948, les Noirs ont été sous domination blanche. L’esclavage fut aboli au début du 19è siècle après que des hommes et des femmes furent amenés d’autres régions d’Afrique mais aussi d’Inde, d’Asie, etc. Ces populations, se mélangeant pour certaines au fil des décennies ont produit ce que le pouvoir politique a classé dans 4 grandes catégories dans le pays : les Blancs, Les Noirs, les Indiens et les Métis. Sans refaire l’histoire de l’apartheid, il faut savoir que chacune des catégories avait un régime spécifique pendant cette période, les Blancs détenant un pouvoir absolu. Sur les origines de l’apartheid, je vous renvoie à l’abondante littérature sur le sujet . Et notamment la biographie autorisée de Nelson Mandela et le livre que lui-même a écrit en prison (A long Walk to Freedom). Les deux sont passionnants.

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