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Carnet de route sud-africain

Suite du résumé de ces premières semaines :

Le temps passe vite, très vite. Ce n’est qu’à quelques jours de notre départ pour l’Australie que j’ai commencé à apprécier Le Cap au-delà de la qualité de vie exceptionnelle qui y règne. Il n’était que temps me direz-vous ! Mais, c’est ainsi. La ville, comme je le pressentais, ne se livre qu’avec une grande pudeur. Autant Pondichéry provoque une réaction immédiate, soit de détestation soit d’amour, autant Le Cap demande à être découverte pour se faire apprécier.
Bien sûr, je mets à part tout ce qui concerne la nature et sa puissance, les paysages exceptionnels, le climat de rêve, les vues incroyables ; etc. Et, au-delà, à nouveau cette qualité de vie formidable qui vous permet d’aller surfer ou de marcher en montagne en sortant de l’école pour les enfants et du bureau pour nombre de capetowniens. J’ai, par ailleurs, été très frappé par la beauté de la lumière. Le soleil austral est sans équivalent de son lever à son coucher et il est plus que présent quelles que soient les saisons.
Commencer à apprécier Le Cap, c’est y trouver une forme d’humanité dans un univers a priori assez froid (comme l’eau de l’océan local). Et, après quelques semaines de présence, la ville laisse entrevoir ses charmes cachés que sont des quartiers tels Maitland, Rugby, Woodstock, Bo Kaap, des musées comme celui de District 6, etc. En allant à la rencontre des gens et de leur histoire (eh oui, il y en a une), on découvre une profondeur insoupçonnée et un début de commencement de charme. Mais il faut creuser et creuser…

Quels sont les plus et les moins de cette métropole sud-africaine et de sa région :

« Les moins » :

-. un côté ville de province avec ce qui en fait les caractéristiques : cercles fermés et difficilement accessibles (peut-être la ville est-elle jumelée avec Bordeaux ), une vie culturelle présente mais sans l’intensité de celle d’une capitale. On pourrait dire également un petit côté « Newport Beach » pour ceux qui connaissent la série (et/ou la ville en Californie) : jeunesse très (trop) dorée (oui, je sais c’est le pays de l’or…), argent, voitures de luxe, drogue, très belles maisons en bord de mer, etc.

-. un charme totalement absent au début doublé d’une absence d’humanité. Au début de notre séjour, nous avons ainsi vécu Le Cap comme une ville froide. Et ce, à la différence d’autres grandes métropoles sud-africaines comme Johannesburg ou Durban. J’ai cherché à savoir pourquoi les rapports étaient de la sorte entre les gens, c’est-à-dire assez distants et sans profondeur (je caricature à dessein). D’aucuns vous répondront que c’est une caractéristique bien connue des pays anglo-saxons où tout le monde au premier abord est très sympa, vous dit bonjour (hi guys…), pose trois questions mais ce ne va pas plus loin. La relation restant superficielle. Cela m’a été confirmé ici par plusieurs Français installés depuis longtemps au Cap et qui n’avaient que peu de rapports véritablement amicaux avec des sud-africains. Peut-être ces Français sont-il s de mauvais coucheurs me direz-vous mais non, tout au contraire, ils sont tout à fait sympathiques et ouverts aux autres. J’ai eu un début d’explication en écoutant une capetownienne blanche pur jus. Elle était tellement pur jus qu’elle n’avait jamais mis les pieds dans un township ni à Robben Island, l’île à ½ heure du Cap où Nelson Mandela fut enfermé de longues années. Cela en dit long sur l’attention qu’elle porte aux Noirs mais c’est un autre sujet…
Elle reconnut tout à fait que les habitants (les Blancs tout du moins) vivaient en cercles fermés notamment au sein de vieilles familles et ne se voyaient quasiment qu’entre eux. Elle explique cela par la situation du Cap. La ville et ses alentours offrent tellement de choses agréables, du surf à la montagne, des animaux à gogo des requins aux baleines en passant par les otaries, les pingouins, les babouins et les autruches et j’en passe et des meilleurs et il n’est nul besoin de chercher à tisser des liens avec autrui puisqu’on vit déjà très bien comme cela. On fait son barbecue (délicieuse institution nationale appelée ici braai), on va faire une randonnée, on joue au rugby, on va surfer, etc. Tout est à disposition et pas la peine de s’embêter à rencontrer d’autres personnes. On donc reste tranquillement entre nous. Et ce, comme je le disais, à la différence d’une ville comme Johannesburg où les activités liées à la natures ont moindres et où, pour vivre, il faut rencontrer des gens et développer une vie sociale digne de ce nom.
Cette explication vaut ce qu’elle vaut mais elle n’est pas sans intérêt.

4 reponse

  1. Martine 14 mai 2013 at 08:36 #

    En fait:Coeurs ouverts , maisons fermées????Expression d une amie qui venait de près d aix!!!
    A quand le départ pour l Australie, yeP!!!!!!
    BIZ

    • Pierre-Jérôme Henin 14 mai 2013 at 11:06 #

      Hello, nous sommes partis pour l’Australie il y a plus de deux semaines maintenant. Les enfants y termineront leur année scolaire. Tt se passe bien.
      Et toi ? Bisous. PJ

  2. Louise 8 mai 2013 at 10:10 #

    Bonjour P-J,

    A te lire, on en viendrait presque à developper une forte rancoeur envers les blancs sud-africains, ou alors tu as trouvé la perle rare, ou bien l’esprit colonialiste coule dans leur sang, indéniablement. c’est intéressant cette différence avec les autres villes.
    Malgré le fait que tu aies oublié la section « plus », on n’arrive quand même pas à te plaindre, désolé! Voir des requins a l’envi : le rêve. 🙂
    Merci pour ces descriptions et pour ta plume.
    En espérant que l’australie te redonne espoir en l’humanité.

    • Pierre-Jérôme Henin 8 mai 2013 at 15:07 #

      Difficile de ne pas se poser de question quand on sait que l’apartheid n’a été aboli qu’en 1991…
      Je n’en ai pas encore fini avec les « moins » mais la section « plus » arrivera bientôt (je garde le meilleur pour la fin).
      Merci de ton mot.

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