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Carnet de route indien

Au-delà de l’existence même de ce voyage dont la responsabilité m’incombe, en effet, totalement, les causes des petits malheurs des enfants restaient à identifier. Arrivant à rassembler nos esprits au milieu de cette atmosphère sympathique et décontractée (je n’oserais pas dire bon enfant), nous avons d’abord cherché du côté de la nourriture et de ses effets collatéraux et intestinaux bien connus en Inde. Impossible de trouver là une réponse satisfaisante tant les précautions prises avant de consommer quoique ce soit étaient draconiennes. Nous avions partagé la même nourriture que les enfants évitant soigneusement tout ce qui peut être facteur de trouble comme des légumes mal lavés, etc. La cause était à chercher ailleurs et il est rapidement apparu que c’était du côté de la Malarone qu’il fallait regarder. Mais qu’est-ce donc que la Malarone ? La Malarone est un médicament prescrit en cas de voyage dans des zones infectées par le paludisme. La question s’est posée pour notre séjour en Inde du Sud sans que nous n’ayons réussi à obtenir de réponse précise à notre départ de Paris. Les uns disant que c’était tout à fait inutile, les autres affirmant qu’il fallait en prendre par précaution. La consultation des sites internet du ministère des Affaires étrangères (Conseils aux voyageurs, très bien fait) et de l’Institut Pasteur, entre autres, ne nous apporta pas de réponse définitive. A quelques jours de notre envol (si je puis dire), nous étions encore en plein questionnement : fallait-il ou non prendre un antipaludéen ? Livrés à nous-mêmes, nous nous réfugiâmes dans le cabinet du pédiatre des enfants d’abord pour la composition de l’indispensable container de médicaments à emporter avec nous et ensuite pour avoir la réponse à la fameuse question. Du fond de son cabinet cossu et cosy d’un 16è arrondissement non-infecté par le paludisme sauf peut-être dans quelques chambres de bonne occupées par d’étranges étrangers, nous nous entendîmes dire : « Oui, oui, il faut que les enfants prennent de la Malarone. Et vous aussi d’ailleurs. ». Enfin une vraie réponse, quel soulagement ! La parole d’évangile du pédiatre vénéré fut respectée et illico presto Pauline s’en alla à la pharmacie munie d’une ordonnance de 5 pages (record à battre pour nous). Grâce à l’homme de science, nous allions emporter de quoi traverser sans encombre les affres de la vie dans ces lointaines contrées et surtout défier sans crainte leurs horribles moustiques. Je signale au passage que d’autres maladies sont transmises par ces charmantes petites bêtes en Inde du Sud comme la dengue et le chikungunya (à quelques heures du départ, je jugeai préférable de ne pas mentionner ces variantes à Pauline…). Et là, rien à faire, il n’y a pas de traitement préventif à part et comme pour le paludisme, les vêtements longs et les différents produits anti-moustiques. Second record à battre : la facture à la pharmacie dont la Malarone pour 4 personnes pendant deux mois représente à elle seule plus de 90%. La décence m’interdit de mentionner un chiffre mais renseignez-vous, c’est très instructif et cela vous aide à comprendre, entre autres raisons, pourquoi il n’y a toujours pas de vaccin contre le paludisme. Pour vous donner un ordre d’idée, cela représente 30 fois le salaire mensuel minimum à Pondichéry ? Vite, Wikipedia !

Non seulement la Malarone est hors de prix mais, en plus, il y avait de fortes chances qu’elle soit à l’origine des troubles sanitaires des enfants. Cela fait beaucoup pour de simples petits cachets blancs dont il va rapidement s’avérer que l’inutilité est patente selon tous les témoignages que nous avons recueillis sur place. Elle est même vouée aux gémonies par certains.

La lecture de ses effets indésirables est plus que recommandée : ils sont nombreux et peuvent concerner jusqu’à 10% des gens qui en prennent. Donc à éviter absolument si vous n’êtes pas dans une zone à risque certain d’infection paludéenne. Les derniers symptômes de Rose ont achevé de nous convaincre. Après avoir recommencé à se nourrir, elle fut à nouveau prise de vomissements ce qui nous plongea, l’espace de quelques instants, dans un profond désarroi. Mais elle ne rejeta alors que de la bile et pas d’aliments (pardon pour ces détails) ce qui voulait dire que, de manière étonnante, son corps faisait le tri entre la nourriture et les restes de Malarone dont il voulait se débarasser.
Les enfants arrêtèrent donc d‘en prendre (et nous aussi par la même occasion) et se virent concocter une potion réparatrice à base d’herbes médicinales ayurvédiques par les bons soins de Dimitri et Emilie qui dirigent le Dune. Dès le lendemain, tout cela ne fut qu’un mauvais souvenir pour eux
A ce jour, plus personne n’a eu à se plaindre de troubles d’ordre digestif. La nourriture en Inde du Sud est délicieuse et variée. Il suffit de respecter quelques précautions d’usage concernant plus particulièrement l’eau dont il est fait usage pour laver les aliments ou tout simplement boire. Et, bien sûr, proscrire toute médication préventive dont le caractère indispensable n’est pas affirmé.

4 reponse

  1. sERGE 22 janvier 2013 at 17:13 #

    sALUT p.j.

    jE NE CONNAIS PAS LA MALARONE, MAIS à L’EPOQUE Où J’AI VéCU EN aFRIQUE (IL Y A + DE 25 ANS) NOUS PRENIONS DE LA NIVAQUINE (BON MARCHé) POUR LUTTER CONTRE UNE éVENTUELLE INFECTION DE PALU. CELA N’A JAMAIS EMPÊCHé DE L’ATTRAPER (TOUT COMME LA MALARONE, JE LE SUPPOSE), MAIS RéDUISAIT TRÊS FORT LA CRISE DE paLU AU CAS Où. j’AI ATTRAPé LE PALU MAIS LES CONSéQUENCES ONT éTé LARGEMENT RéDUITES CONTRAIREMENT à L’UN DE MES COLLèGUES QUI AVAIT DéCIDé DE NE PAS PRENDRE DE NIVAQUINE ET QUI A FAILLI Y RESTER…
    uN PETIT CONSEIL DE VIEUX DE L’aFRIQUE QUI N’EST PAS MéDECIN ET QUI VAUT CE QU’IL VAUT, MAIS SI VOUS TROUVEZ DE LA NIVAQUINE SUR PLACE N’HéSITEZ PAS à EN PRENDRE.

    biz à VOUS TOUS – sERGE

    • Pierre-Jérôme Henin 24 janvier 2013 at 05:33 #

      Cher Serge,
      merci de ces précieux conseils. Nous faisons très attention à ne pas tomber sous -l’absence- de charme de ces insectes voraces 🙂
      J’espère que vous allez bien dans l’hiver bruxellois et je vous embrasse.
      PJ

  2. Ben 22 janvier 2013 at 15:10 #

    Ciao pj
    Pour les mousTiques daNgereux, le conseil d un vieux bresilien qui a deja eu la dengue… Ils sont gros et volent bas le matin a la recherche de la bonne chaire Donc oui pantalons et pas de petits shorts sexy
    ProtegeZ vos jambes! Et Aussi Antimoustiques tout simplement! Aux us il y en a des super qui sont AUSSI creme Protectrice va sur amazon!

    Bon les aventures semblent bien Animees. Moi Je continue des les avoids et apres nY – rj – Sp – Paris – orlando – chicago … Retour a ny, passage en FL et la semaineprochaine rio tout depuis ton depart!!!

    A chaque etape beaucoup de fun et pas trop de boUlot, je Faisal am petite inde a moi tout seul

    Abraço forte par todos

    • Pierre-Jérôme Henin 22 janvier 2013 at 16:05 #

      Ok le globe-galopeur, j’arrête les shorts sexy :-).
      A boïada ta boa aqui em Pondichéry, tudo joia !
      Abraços para todos (e tu pai tambem :-))

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