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Carnet de route indien

Tout vient à point à qui sait attendre et les bagages finirent par apparaître non que sans nous ayons, bien sûr, envisagé le pire : commencer notre séjour de 7 mois à la recherche de valises égarées… Les Samsonite très grand modèle achetées avant le départ sont devenues incroyablement légères mais elles ont dû perdre en solidité : l’une d’entre elles ne s’est pas remise du vol et est arrivée sur le tapis avec un système de fermeture endommagé.
Trois chariots valides furent nécessaires pour transporter près de 150 kgs de bagage. De manière générale, il m’est devenu strictement impossible de voyager léger. Alors, pour 7 mois d’absence… Je vous laisse imaginer entre les nombreux livres, vêtements, les appareils photo, les ordinateurs, etc. Boum, je me suis d’ailleurs fait retoquer à l’embarquement à Paris : « vous avez droit à 30kgs par bagage or votre valise en pèse plus de 36 ». Résultat : un transvasement improvisé vers d’autres valises plus légères sous l’œil de passagers toujours curieux de savoir combien de chemises vous avez emporté et de quelle couleur sont vos caleçons.
« Mais pourquoi n’as-tu pas pris un Kindle ? C’est parfait pour ton voyage ! ». Excellente question qui hanta mes pensées à l’occasion der derniers préparatifs. Je suis pourtant allé le voir, ce fameux Kindle, même plusieurs fois. Je l’ai examiné sous toutes les coutures, tourné, retourné. Je lui ai même parlé pour qu’il m’en dise plus sur lui. Il n’a pas été suffisamment convainquant même s‘il dispose d’arguments de poids notamment parce qu’il est très léger. J’ai pourtant longuement hésité sous le regard d’acier d‘un vendeur de chez Darty mais rien n’y a fait. Suis-je passé dans la catégorie des laissés-pour-compte du nouveau monde technologique ? Suis-je trop vieux ? Je ne le pense pas même si quand je regarde mon fils manier avec une telle dextérité iPad, iPhone et autres ordinateurs, je me dis qu’il va falloir que je prenne deux fois plus de leçons de tennis pour continuer à exister comme le plus fort face à lui. Son équilibre psychique est en jeu (et le mien aussi) ! Il a dix ans et rentre dans la phase de rivalité et de compétition face à un père qu’il veut désormais battre. Il faut que je continue à tenir le coup (de raquette) encore quelques années. Tout cela pour un Kindle dont je n’ai su quoi penser. Si ce n’est qu’en le tenant, j’avais tout simplement l’impression d’avoir dans les mains un objet où la vie était absente. C’est-à-dire tout le contraire des plaisirs d’un livre.
A l’enregistrement du vol EK 742 pour Dubai , il m’aurait été pourtant bien utile…
Une fois les valises récupérées avec nos chers livres qui sont encore plus lourds vers 4h00 du matin dans un aéroport indien bondé, nous trouvâmes la sortie non sans avoir montré pour la troisième fois nos passeports depuis notre descente d’avion. Nous prenons une grande inspiration avant de fendre cette fameuse foule en délire scandant les noms de Paul, John, George et Ringo mais pas le nôtre. Il s’agit de faire en sorte que les valises roulent bien proprement, de marcher l’air de rien, forts de ce petit je-ne-sais quoi de fierté d’être reluqués l’espace de quelques instants par des centaines de personnes. Nous sommes les héros de ce très court moment, grands voyageurs devant l’éternel, débarquant pour conquérir le pays. Finalement, après une bonne cinquantaine de mètres nous arrivons à l’air libre, plongés dans la nuit indienne. Miracle, un panneau surgit des ténèbres avec notre nom : ouf, nous avons un moyen de transport pour rallier Pondichéry !

2 reponse

  1. Françoise 8 janvier 2013 at 07:52 #

    J attends la suite avec impatience!,,,,
    J ai tellement entendu de choses très contraDictoires sur l Inde que j aimerais bien avoir ta perception de la vie la bas des gens des modes de fonctionnement…donne nous envie d y aller
    Je vous embrasse francoise

    • Pierre-Jérôme Henin 8 janvier 2013 at 17:47 #

      Il est encore un peu tôt pour que je puisse te répondre avec précision. Ce que je sais par contre, c’est que si tu aimes la poésie, tu aimeras l’Inde. J’en suis d’autat plus sûr pource qui te concere car je sais que tu aimes l’Afrique et les similitudes sont nombreuses entre ces deux régions : absence de vulgarité, sympathie naturelle des gens, le sourire comme mode de communication ainsi que tout ce qui est lié à la vie économique : petites échoppes, commerce informel, intense activité tôt le matin, etc. Nous t’embrassons.

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